Partage et réflexions sur des thèmes féministes pour élargir mon champ de réflexion.
mini-girlz:

Mesoamerica Female Figure

Date: 11th–6th century BCE
Geography: Mexico, Mesoamerica
Culture: Tlatilco
Medium: Ceramic
Dimensions: H x W x D: 2 7/8 x 1 5/8 x 3/4 in. (7.3 x 4.2 x 1.9 cm)
Classification: Ceramics-Sculpture
 
via > metmuseum.org

mini-girlz:

Mesoamerica Female Figure

Date: 11th–6th century BCE
Geography: Mexico, Mesoamerica
Culture: Tlatilco
Medium: Ceramic
Dimensions: H x W x D: 2 7/8 x 1 5/8 x 3/4 in. (7.3 x 4.2 x 1.9 cm)
Classification: Ceramics-Sculpture
 
Mercredi, 17 septembre 2014

Les textes de Monique Wittig sont très intéressants. Je ne suis pas d’accord avec tout, je ne comprends pas tout mais… J’aime sa complète indépendance ! 

Elle utilise les mêmes exemples, les mêmes situations et les mêmes observations que ces compagnes féministes tout en dessinant une situation légèrement différente, qui mène à des conclusions totalement nouvelles. 

J’aimerais réussir ce tour de force aussi. On peut toujours rêver.

Samedi, 13 septembre 2014

Je discutais de l’identity politics l’autre jour et je compte me replonger dans le livre “No Logo” de Naomi Klein, il faut que je re-réfléchisse à tout ça ! 

L’identity politics, c’est une série de luttes étudiantes des années 90 aux Etats-Unis ou les jeunes se sont rassemblés en groupe en cherchant à définir le plus précisément leur identité, et les revendications qu’ils voulaient pour elle. Les groupes tels que “femme” ou “gay” ou “black” se sont intégrés directement au système, puis sont arrivés plein de dérivés toujours plus complexe. 

La revendication principale était en terme d’image - selon l’idée que l’image, c’est le pouvoir - : représentation du groupe dans les médias, à tous les niveaux. 

Jeudi, 11 septembre 2014
"Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité."

Simone de Beauvoir, le deuxième sexe

Cette citation est étonnament populaire.

Lundi, 8 septembre 2014
Extrait d’un manifeste féministe pour les enfants

Extrait d’un manifeste féministe pour les enfants

Jeudi, 4 septembre 2014

Prendre le réflexe de se demander “et qu’est-ce que cela coûte/apporte aux femmes concernées” est tout à fait révélateur. 

Par exemple, cet article de Sisyphe.org parle de femmes enceintes d’enfants trisomiques et d’une campagne informant une future mère abstraite que son enfant trisomique pourra lui témoigner son amour et être heureux. L’auteure affirme : 

Les féministes doivent soutenir celles qui choisissent l’IVG ou l’IMG comme celles qui décident d’être mères. […] Si les femmes décident d’avorter, c’est parce qu’elles estiment que leur futur enfant ne mérite pas de subir une vie qui leur paraît potentiellement trop terrible et lourde de souffrance, qu’il mériterait de naître dans de meilleures conditions. Aucune femme ne méprise son enfant et sa vie quand elle prend la décision de l’arrêter.

 Ce qu’elle n’affirme pas, c’est qu’une femme peut décider d’arrêter cette grossesse parce que le coût supplémentaire induit par la trisomie du futur enfant est énorme, et parce qu’elle passe à elle et à ses capacités propres. L’entier de l’article postule que la femme concernée va se demander “qu’est-ce qui est le mieux pour mon enfant ?” et pas “qu’est-ce qui est le mieux pour moi, l’enfant, mon entourage ?”. 

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Lundi, 1 septembre 2014

"Réclamer des droits"

En prenant du recul, je trouve cette formulation fausse : un français ou une française vivant aujourd’hui en France bénéficie de plein de droits, dont ceux des droits de l’homme. Le problème se situe aux niveaux de droits qui sont déniés à une personne (ex: le droit de vote), de droits abusifs (ex: droit de frapper quelqu’un d’autre) ou de droits revendiqués mais qui n’ont pas encore d’existence (ex: droit à l’accès à internet). 

Ce n’est pas parce qu’un groupe dit revendiquer des droits, que ces droits méritent d’être acceptés ou que le groupe n’en a pas déjà. 

Dimanche, 31 août 2014

C’est la rentrée, et j’ai des milliers de projets de lecture, et de réflexions dans la tête. Pour être honnête, autant les deux années que j’ai passé à lire sur le féminisme m’ont donné plein de bases, autant ces quelques derniers mois ont été enrichissants personnellement. Envoyer péter l’idée que je suis la vilaine de par mon statut privilégié et que, sur à peu près tous les sujets sauf face aux hommes non-féministes, j’ai tort s’il y a désaccord est soulageant. 

Je suis de retour avec moi-même, et juste moi-même… Et avec plein de projets de lecture, et de commentaires à faire ! Il y aura donc prochainement du nouveau sur ce tumblr.

Vendredi, 11 juillet 2014

prettylittleliarsannotations:

This is probably Hanna’s biggest betrayal of Ashley’s trust yet. I don’t even know if Ashley had enough wine in the house to drink this pain away.

Mardi, 8 juillet 2014
Samedi, 28 juin 2014

A qui parle-t-on ?

amazinggiantsloth:

J’ai déjà vu pas mal de sujets de thèse ou de mémoire qui se présentent à peu près sur ce modèle, d’ailleurs: une telle oeuvre “est considérée comme” n’étant pas un classique, “beaucoup de gens” pensent que, “certains pensent” que…

Je compatis, parce qu’une fois qu’on a pris l’habitude de faire ça, c’est très, très difficile de la perdre.

Tout à fait. Mais c’est parce qu’il faudrait justifier les moments ou cette phrase serait correcte. Par exemple, quand tous les journaux parlent de la même chose, on peut généraliser. Quand, si on faisait voter la population, on obtenait 80% ou 90% de oui, on peut généraliser. 

Mais on risque aussi de faire un biais de sélection, où on repère plus ce qu’on cherche que les cas où on a cherché mais rien trouvé. 

Mais, se débarasser de la présence masculine mentalement, alors qu’elle a tendance à persister même quand on est seule devant son clavier, ça me paraît vraiment très difficile. 

C’est le truc qui me chiffonne aussi. Je n’aime pas écrire sur Word, mais même quand j’écris sur Evernote ou tumblr, j’ai cette petite voix qui me dit “et si ton copain tombait dessus, que dirait-il ?”, “et si quelqu’un associait ton nom à ce texte, que dirait-il ?”. Ca me bloque beaucoup finalement, parce je sais que les conséquences seraient lourdes, je sais que je souffrirais et que j’aurais de la peine à lutter (j’en ai eu des preuves directes par le passé) et je sais que je risque de le payer cher pendant longtemps. 

Du coup, j’ai même peur de coucher par écrit des délires sans queue ni tête qui n’ont pas du tout le but d’être sérieux. J’ai assez bien réussi à faire taire l’homme dans ma tête qui me dit d’être respectable, la fille (dans ma tête) qui m’a fait souffrir à l’école qui me dit que ça va se reproduire… Mais ce reste de peur - parce que je sais qu’il est réel - je n’arrive pas à en faire abstraction. 

C’est un peu de la parano ultime. Mon côté “gentille fille modeste” dit que ce que je fais a suffisamment peu d’importance pour que je ne dise rien, mon côté “pragmatisme vulcanien” (comme tu dis :P) me murmure que oui, je peux faire beaucoup de dégâts, et que j’ai l’endurance, l’intelligence et l’acharnement pour y arriver (cf. la fille qui m’a fait souffrir à l’école et qui en était 100% consciente. Je la respecte plus pour cela que toutes les autres personnes de ma classe -_-’ #logik). C’est un peu “la peur de réussir” dont parlent certains blogs de carrières féminines : tant qu’il s’agit de travailler dans l’ombre, y a pas de souci, mais assumer son succès, c’est plus difficile. 

J’ai même un mélange de honte et de plaisir quand je reçois un commentaire me disant que quelqu’un aime me lire. Je me dis “mais est-ce que je suis trop méchante ? Est-ce que, à force de chercher à les contrecarrer, j’adopte des comportements trop masculins qui nuisent aux femmes ?”. tss. 

Fureter et découvrir

Parfois, au hasard lectures, je tombe sur un commentaire qui sort un peu des normes: une femme qui a une voix un peu plus définie, un peu plus clair, qui a des arguments un peu plus solide. Bref, on sent qu’elle a passé du temps à digérer les idées, à les reformuler et à se les approprier. 

Je ne citerai pas de pseudo, mais je suis arrivée sur une discussion sur le féminisme marxiste sur mumsnet, et je suis tombée sur ça : 

I agree with you on liking a rationale for why this stuff happens. Gerda Lerner is good on that with feminism - she has arguments about reproduction. I don’t know how she relates to Marxism, though.

Gerna Lerner est une historienne juive née à Vienne en 1920. Je n’ai jamais entendu son nom, mais elle a sans doute eu des idées très intéressantes, et si elle s’intéresse au “pourquoi” des choses, on devrait bien entendre.

A suivre, donc !

Jeudi, 26 juin 2014

amazinggiantsloth:

Ensuite, il y a l’idée de MacKinnon, le féminisme serait la critique ultime et la conclusion logique du marxisme, qui me plaît beaucoup. Et, elle énonce un incompatibilité entre les deux. Alors que, d’autres énoncent une compatibilité, voire une inséparabilité entre les deux: c’était ma première conclusion. J’en viens à rejoindre plutôt MacKinnon, mais je pense aussi que c’est impensable de sacrifier un des deux. Du coup, j’en arrive à une impasse, que je ne suis pas trop pressée de résoudre. J’ai bien une petite idée là-dessus, mais elle n’est pas pour tumblr.

(Je procrastine sur ma lecture d’articles scientifiques. tss) 

Des incompatibilités me semblent rassurantes vu les origines très différentes des deux mouvements. Et même si le féminisme est un descendant de la lutte des classes, il y a suffisamment de têtes brûlées non-marxistes qui ont réinventé le féminisme dans leur combat pour créer du nouveau (il y a les femmes qui ont fait leur éducation dans la politique féministe, et celles qui l’ont faites dans la lutte contre les violences masculines contre les femmes), et du coup je ne vois pas trop comment des hommes auraient pu tout comprendre à l’oppression des femmes sans s’en rendre compte. 

Ca me fait penser à Martha Nussbaum, j’ai lu un texte d’elle où elle explique pourquoi le féminisme est un apport essentiel au libéralisme. Sa démonstration est très belle, mais on sent la galère pour arriver à des arguments cohérents et à peu près convaincant : ça ne semble pas naturel du tout, et elle doit se rabattre sur les exemples les plus terribles pour appuyer son point (veuve qui ne peut quitter sa maison car les femmes doivent y rester enfermer, et va donc mourir de faim avec ses enfants). 

La lutte des classes est plus proche puisque tout l’aspect matériel et économique est essentiellement le même, mais le marxisme ne considère pas tellement que les gens soient brisés pour être soumis, plutôt qu’on les tient en cage (alors que le féminisme, c’est l’inverse). Bon, je réfléchis au fur et à mesure ! 

amazinggiantsloth:

Yeah, I’m also tempted to say, remember who she’s being interviewed by, also. Butler herself has already been “problematised” at least on tumblr because, inGender Trouble, which came out in 1990, she didn’t know internet terminology for trans issues. So, I’ve seen her called “transphobic” before. She can’t even really afford to turn down the interview, cause that would be suspect with her main audience, and she kind of has to lump Jeffreys and Raymond together, even though they’re totally different: for one thing, Jeffreys is secular, whereas Raymond is an ex-nun who got her PhD at a jesuit college.

What’s kind of bad about this is that she’s providing an external, “expert” opinion of them as a block that’s mainly focused on making trans people’s lives hell. 

I also like to evaluate people’s words on whether they feel free to talk openly or not. That interview was a trial for all those lesbian feminists (the trans interviewer who seem to be aggressive online, also asks Butler about Cathy Brennan. She went so far as to add the one and only quote of Gloria Steinem ‘apologizing’ for not being nice to trans in the middle of the interview, just to… I don’t know why, actually.

But I’m being as bad as her, I’m pretending she’s engaging with theorists, when they’re to her what bouncy mushroom-shaped platforms are to Mario.

=D

Sinon j’avoue m’être lassée du délire féministe autour des jeux vidéos et de la pop culture : c’est tellement facile, et c’est limite si les entreprises ne recherchent pas les discussions à ce sujet. Il leur suffit ensuite d’introduire un personnage vaguement identity politics pour que tout le monde les applaudisse… 

D’ailleurs, les nouvelles pour adolescents sont aussi centrées sur un héros central et du coming of age (qui d’ailleurs limite les filles à “soyez jolie” ou “soyez super intelligente, super gentille ou ayez des super pouvoir”. Je suis une intello complète, mais je ne pourrais jamais rivaliser avec la moitié des héroïnes, même Hermione… D’ailleurs, le fait qu’on puisse mettre en image un produit semble directement lié à sa popularité sur internet et dans les médias : les histoires avec plusieurs protagonistes s’y prêtent moins bien parce qu’il faut une unité (une personne, un couple, ev. un trio) visuelle. 

Après, je ne sais pas si les lesbian feminists sont très violentes entre elles. Il me semble que non, mais aussi parce que ce sont de toutes petites communautés qui se retrouvaient solidaires face à un problème commun. Je ne sais pas à quel point il y avait des “inconnues” dans le groupe, ou que tout le monde se connaissait : elles se font toujours référence, et parlent rarement d’autres lesbian feminists. C’est la fragilité et la féminité qui doivent rendre les choses aussi sensibles. 

Ca me fait penser aux “mais la gauche devrait être l’alliée du féminisme”, “mais les femmes devraient être les alliées de [groupe d’hommes]”, etc. qui sortent de tous les côtés. Il y a une forme de désillusion entre ce qu’on espère et la réalité, entre ce qu’on peut faire et la réalité. (Il y a aussi, pour les femmes, une grosse pression à se sacrifier. Les organisations masculines ont suffisamment d’indépendance pour pouvoir considérer ces propos et éventuellement les rejetter, alors que les femmes vont devoir “essayer”). 

Mercredi, 25 juin 2014

amazinggiantsloth, I found an interview of Judith Butler (I used hideref, but if you’d rather not click that link, you can visit the google cache of the page instead) on the transadvocate (which lists a website calling out theterfs on the right. Hum). She talks about Sheila Jeffreys. It’s kind of annoying.

Your point about making accusations based on the things that feminist cares the most about: 

[Jeffreys] appoints herself to the position of judge, and she offers a kind of feminist policing of trans lives and trans choices.  I oppose this kind of prescriptivism, which seems me to aspire to a kind of feminist tyranny

For a heir of lesbian feminism that specifically works to remove hierarchies between women. Having opinions = the worse. 

Her next point is wrong, she says Jeffreys thinks “trans” is cause by the medical complex only, but it’s Raymond that said that in her book (she said something like the men are responsible but the industry encourages them as much as possible). Jeffreys puts a lot of responsibility on the people themselves, and discusses the society and the rules it sets. She talks about this pipeline to surgery and hormones, but not specifically as a “medical complex” trying to gain money. 

But that: 

One problem with that view of social construction is that it suggests that what trans people feel about what their gender is, and should be, is itself “constructed” and, therefore, not real.

I don’t understand how a thinker could say “social construct = not real”. French is a social construct, it’s 100% real. The metric system is a social construct (kilograms, even more !). It’s so isolating: whatever you feel has to be ‘real’ and not constructed : so if I feel ugly, that must be real. 

(Ah oui. Plus loin, elle associe le fait de parler de “mutilation” physique en disant que les personnes qui en parlent font elles-mêmes des “mutilations”. Beau renversement de language… On sent l’importance absolue des jeux de language dans son argumentaire)

Ca conclusion est: je veux que personne ne puisse juger de [X]/rien (ce qui n’est pas loin d’être une impasse logique puisque son article consiste à dire combien ces femmes ont tort…) 

 
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