Feminissime
Partage de et réflexion critique sur des textes féministes pour porter ma réflexion à un plus haut niveau.
En français et en anglais.

prettylittleliarsannotations:

This is probably Hanna’s biggest betrayal of Ashley’s trust yet. I don’t even know if Ashley had enough wine in the house to drink this pain away.

Mardi, 8 juillet 2014
Samedi, 28 juin 2014

A qui parle-t-on ?

amazinggiantsloth:

J’ai déjà vu pas mal de sujets de thèse ou de mémoire qui se présentent à peu près sur ce modèle, d’ailleurs: une telle oeuvre “est considérée comme” n’étant pas un classique, “beaucoup de gens” pensent que, “certains pensent” que…

Je compatis, parce qu’une fois qu’on a pris l’habitude de faire ça, c’est très, très difficile de la perdre.

Tout à fait. Mais c’est parce qu’il faudrait justifier les moments ou cette phrase serait correcte. Par exemple, quand tous les journaux parlent de la même chose, on peut généraliser. Quand, si on faisait voter la population, on obtenait 80% ou 90% de oui, on peut généraliser. 

Mais on risque aussi de faire un biais de sélection, où on repère plus ce qu’on cherche que les cas où on a cherché mais rien trouvé. 

Mais, se débarasser de la présence masculine mentalement, alors qu’elle a tendance à persister même quand on est seule devant son clavier, ça me paraît vraiment très difficile. 

C’est le truc qui me chiffonne aussi. Je n’aime pas écrire sur Word, mais même quand j’écris sur Evernote ou tumblr, j’ai cette petite voix qui me dit “et si ton copain tombait dessus, que dirait-il ?”, “et si quelqu’un associait ton nom à ce texte, que dirait-il ?”. Ca me bloque beaucoup finalement, parce je sais que les conséquences seraient lourdes, je sais que je souffrirais et que j’aurais de la peine à lutter (j’en ai eu des preuves directes par le passé) et je sais que je risque de le payer cher pendant longtemps. 

Du coup, j’ai même peur de coucher par écrit des délires sans queue ni tête qui n’ont pas du tout le but d’être sérieux. J’ai assez bien réussi à faire taire l’homme dans ma tête qui me dit d’être respectable, la fille (dans ma tête) qui m’a fait souffrir à l’école qui me dit que ça va se reproduire… Mais ce reste de peur - parce que je sais qu’il est réel - je n’arrive pas à en faire abstraction. 

C’est un peu de la parano ultime. Mon côté “gentille fille modeste” dit que ce que je fais a suffisamment peu d’importance pour que je ne dise rien, mon côté “pragmatisme vulcanien” (comme tu dis :P) me murmure que oui, je peux faire beaucoup de dégâts, et que j’ai l’endurance, l’intelligence et l’acharnement pour y arriver (cf. la fille qui m’a fait souffrir à l’école et qui en était 100% consciente. Je la respecte plus pour cela que toutes les autres personnes de ma classe -_-’ #logik). C’est un peu “la peur de réussir” dont parlent certains blogs de carrières féminines : tant qu’il s’agit de travailler dans l’ombre, y a pas de souci, mais assumer son succès, c’est plus difficile. 

J’ai même un mélange de honte et de plaisir quand je reçois un commentaire me disant que quelqu’un aime me lire. Je me dis “mais est-ce que je suis trop méchante ? Est-ce que, à force de chercher à les contrecarrer, j’adopte des comportements trop masculins qui nuisent aux femmes ?”. tss. 

Fureter et découvrir

Parfois, au hasard lectures, je tombe sur un commentaire qui sort un peu des normes: une femme qui a une voix un peu plus définie, un peu plus clair, qui a des arguments un peu plus solide. Bref, on sent qu’elle a passé du temps à digérer les idées, à les reformuler et à se les approprier. 

Je ne citerai pas de pseudo, mais je suis arrivée sur une discussion sur le féminisme marxiste sur mumsnet, et je suis tombée sur ça : 

I agree with you on liking a rationale for why this stuff happens. Gerda Lerner is good on that with feminism - she has arguments about reproduction. I don’t know how she relates to Marxism, though.

Gerna Lerner est une historienne juive née à Vienne en 1920. Je n’ai jamais entendu son nom, mais elle a sans doute eu des idées très intéressantes, et si elle s’intéresse au “pourquoi” des choses, on devrait bien entendre.

A suivre, donc !

Jeudi, 26 juin 2014

amazinggiantsloth:

Ensuite, il y a l’idée de MacKinnon, le féminisme serait la critique ultime et la conclusion logique du marxisme, qui me plaît beaucoup. Et, elle énonce un incompatibilité entre les deux. Alors que, d’autres énoncent une compatibilité, voire une inséparabilité entre les deux: c’était ma première conclusion. J’en viens à rejoindre plutôt MacKinnon, mais je pense aussi que c’est impensable de sacrifier un des deux. Du coup, j’en arrive à une impasse, que je ne suis pas trop pressée de résoudre. J’ai bien une petite idée là-dessus, mais elle n’est pas pour tumblr.

(Je procrastine sur ma lecture d’articles scientifiques. tss) 

Des incompatibilités me semblent rassurantes vu les origines très différentes des deux mouvements. Et même si le féminisme est un descendant de la lutte des classes, il y a suffisamment de têtes brûlées non-marxistes qui ont réinventé le féminisme dans leur combat pour créer du nouveau (il y a les femmes qui ont fait leur éducation dans la politique féministe, et celles qui l’ont faites dans la lutte contre les violences masculines contre les femmes), et du coup je ne vois pas trop comment des hommes auraient pu tout comprendre à l’oppression des femmes sans s’en rendre compte. 

Ca me fait penser à Martha Nussbaum, j’ai lu un texte d’elle où elle explique pourquoi le féminisme est un apport essentiel au libéralisme. Sa démonstration est très belle, mais on sent la galère pour arriver à des arguments cohérents et à peu près convaincant : ça ne semble pas naturel du tout, et elle doit se rabattre sur les exemples les plus terribles pour appuyer son point (veuve qui ne peut quitter sa maison car les femmes doivent y rester enfermer, et va donc mourir de faim avec ses enfants). 

La lutte des classes est plus proche puisque tout l’aspect matériel et économique est essentiellement le même, mais le marxisme ne considère pas tellement que les gens soient brisés pour être soumis, plutôt qu’on les tient en cage (alors que le féminisme, c’est l’inverse). Bon, je réfléchis au fur et à mesure ! 

amazinggiantsloth:

Yeah, I’m also tempted to say, remember who she’s being interviewed by, also. Butler herself has already been “problematised” at least on tumblr because, inGender Trouble, which came out in 1990, she didn’t know internet terminology for trans issues. So, I’ve seen her called “transphobic” before. She can’t even really afford to turn down the interview, cause that would be suspect with her main audience, and she kind of has to lump Jeffreys and Raymond together, even though they’re totally different: for one thing, Jeffreys is secular, whereas Raymond is an ex-nun who got her PhD at a jesuit college.

What’s kind of bad about this is that she’s providing an external, “expert” opinion of them as a block that’s mainly focused on making trans people’s lives hell. 

I also like to evaluate people’s words on whether they feel free to talk openly or not. That interview was a trial for all those lesbian feminists (the trans interviewer who seem to be aggressive online, also asks Butler about Cathy Brennan. She went so far as to add the one and only quote of Gloria Steinem ‘apologizing’ for not being nice to trans in the middle of the interview, just to… I don’t know why, actually.

But I’m being as bad as her, I’m pretending she’s engaging with theorists, when they’re to her what bouncy mushroom-shaped platforms are to Mario.

=D

Sinon j’avoue m’être lassée du délire féministe autour des jeux vidéos et de la pop culture : c’est tellement facile, et c’est limite si les entreprises ne recherchent pas les discussions à ce sujet. Il leur suffit ensuite d’introduire un personnage vaguement identity politics pour que tout le monde les applaudisse… 

D’ailleurs, les nouvelles pour adolescents sont aussi centrées sur un héros central et du coming of age (qui d’ailleurs limite les filles à “soyez jolie” ou “soyez super intelligente, super gentille ou ayez des super pouvoir”. Je suis une intello complète, mais je ne pourrais jamais rivaliser avec la moitié des héroïnes, même Hermione… D’ailleurs, le fait qu’on puisse mettre en image un produit semble directement lié à sa popularité sur internet et dans les médias : les histoires avec plusieurs protagonistes s’y prêtent moins bien parce qu’il faut une unité (une personne, un couple, ev. un trio) visuelle. 

Après, je ne sais pas si les lesbian feminists sont très violentes entre elles. Il me semble que non, mais aussi parce que ce sont de toutes petites communautés qui se retrouvaient solidaires face à un problème commun. Je ne sais pas à quel point il y avait des “inconnues” dans le groupe, ou que tout le monde se connaissait : elles se font toujours référence, et parlent rarement d’autres lesbian feminists. C’est la fragilité et la féminité qui doivent rendre les choses aussi sensibles. 

Ca me fait penser aux “mais la gauche devrait être l’alliée du féminisme”, “mais les femmes devraient être les alliées de [groupe d’hommes]”, etc. qui sortent de tous les côtés. Il y a une forme de désillusion entre ce qu’on espère et la réalité, entre ce qu’on peut faire et la réalité. (Il y a aussi, pour les femmes, une grosse pression à se sacrifier. Les organisations masculines ont suffisamment d’indépendance pour pouvoir considérer ces propos et éventuellement les rejetter, alors que les femmes vont devoir “essayer”). 

Mercredi, 25 juin 2014

amazinggiantsloth, I found an interview of Judith Butler (I used hideref, but if you’d rather not click that link, you can visit the google cache of the page instead) on the transadvocate (which lists a website calling out theterfs on the right. Hum). She talks about Sheila Jeffreys. It’s kind of annoying.

Your point about making accusations based on the things that feminist cares the most about: 

[Jeffreys] appoints herself to the position of judge, and she offers a kind of feminist policing of trans lives and trans choices.  I oppose this kind of prescriptivism, which seems me to aspire to a kind of feminist tyranny

For a heir of lesbian feminism that specifically works to remove hierarchies between women. Having opinions = the worse. 

Her next point is wrong, she says Jeffreys thinks “trans” is cause by the medical complex only, but it’s Raymond that said that in her book (she said something like the men are responsible but the industry encourages them as much as possible). Jeffreys puts a lot of responsibility on the people themselves, and discusses the society and the rules it sets. She talks about this pipeline to surgery and hormones, but not specifically as a “medical complex” trying to gain money. 

But that: 

One problem with that view of social construction is that it suggests that what trans people feel about what their gender is, and should be, is itself “constructed” and, therefore, not real.

I don’t understand how a thinker could say “social construct = not real”. French is a social construct, it’s 100% real. The metric system is a social construct (kilograms, even more !). It’s so isolating: whatever you feel has to be ‘real’ and not constructed : so if I feel ugly, that must be real. 

(Ah oui. Plus loin, elle associe le fait de parler de “mutilation” physique en disant que les personnes qui en parlent font elles-mêmes des “mutilations”. Beau renversement de language… On sent l’importance absolue des jeux de language dans son argumentaire)

Ca conclusion est: je veux que personne ne puisse juger de [X]/rien (ce qui n’est pas loin d’être une impasse logique puisque son article consiste à dire combien ces femmes ont tort…) 

Lundi, 23 juin 2014

amazinggiantsloth:

Mais, est-ce que ce sont là les grands buts du féminisme? Ce sont les buts qui rendraient la vie aux femmes supportable, leur donneraient le niveau de vie minimum acceptable. Alors, oui, ils sont importants, mais dire que ce sont les grands buts du féminisme, c’est assez peu ambitieux. Tu as raison, c’est bien qu’ils soient devenus des sujets de société, et qu’on en parle. Mais, le fait qu’on s’arrête souvent au viol, à l’objectification… ça m’inquiète, parce qu’on ne peut pas avoir n’importe quelle opinion là-dessus. Et, comme on l’a vu, une femme se fera très, très vite accuser de soutenir le principe du viol, de ne pas respecter le viol, de ne pas prendre le viol au sérieux, dès qu’elle sort des rangs. Plein de choses nous empêchent de pousser trop loin notre réflexion sur ces sujets-là: le postmodernisme et sa manie de vouloir parler tout le temps d’expérience personnelle, par exemple. 

Je pense qu’espérer que ça s’arrête est illusoire et puis, si on veut qu’un sujet avance dans la société, on est forcé de l’amener sur la place publique et donc de le confronter à ce qu’il se trouve là. Du coup, je me dis qu’il faut utiliser des mesures fortes et sans remords pour protéger sa parole (tu parles d’accusations de viol contre les femmes, il faut une politique zéro tolérance dans certains espaces de discussion) et une politique décomplexée d’action dans la sphère publique. Ca veut dire qu’il faut utiliser les techniques modernes pour arriver à ses fins : se servir des médias, travailler son message, prendre de la place dans l’espace public, se préparer à affronter le backlash, utiliser les ressources démocratiques à notre disposition, travailler en réseau pour atteindre les personnes au pouvoir, etc. Un tumblr qui fait le buzz, c’est mignon, mais les politiciens et politiciennes élus ne font pas des heures sur internet… 

Samedi, 21 juin 2014

amazinggiantsloth, tiens, j’ai lu plusieurs articles de TigerBeatdown mais je trouve la qualité inégale selon les auteurs qui écrivent. C’est de la pure accusation d’élitisme Oo’ , avec un bonne dose de tone argument parce que ce n’est pas tant le contenu du livre qu’elle critique, mais le fait qu’elle ose s’exprimer en public et avoir une opinion sur le féminisme. 

Tu as lu le livre de Nina Power, d’ailleurs ?

Vendredi, 20 juin 2014

amazinggiantsloth:

Tu emploies, justement, le terme “déculpabilisation”: le fait de déculpabiliser par rapport au maquillage etc., ça implique un peu que Naomi Wolf / les générations précédentes de féministes culpabilisaient, non? En somme, ces bouquins viennent vulgariser le travail du début de la troisième vague, et protéger les lectrices délicates et sensibles contre le féminisme qui pourrait s’y trouver. On parle de Valenti ou Marcotte comme si leur visibilité faisaient d’elles des leadeuses d’un certain mouvement féministe, alors qu’elles  sont les mascottes d’une mode qui capitalise sur le féminisme. C’est un peu comme si je voulais lutter contre le capitalisme, alors j’allais à Disneyland pour balancer un coup de pied à un intérimaire déguisé en Picsou. 

Il me semble surtout que Naomi Wolf ne se donne pas la peine de s’excuser et de s’assurer qu’aucun sentiment ne soit maltraité pendant la lecture du livre, sans doute parce qu’elle parle de problèmes graves et qu’il lui semble donc normal que les gens s’indignent, que leurs idées soient mises à mal. Elle doit aussi considérer qu’une personne peut gérer cela car elle contrôle à 100% sa lecture : elle peut arrêter quand elle veut, faire des pauses, sauter des pages. Et aussi qu’elle a le reste de la société pour lui envoyer ses messages lui disant que “maquillage = bien”, ou pour lire des opinions contraires. C’est comme les critiques qui disent “Mon Dieu, cette femme a écrit sur le sujet sans prendre le point de vue des hommes [X]” alors qu’elle a fait ça à dessein (je pense aux critiques de Sheila Jeffreys, “Mais où sont les hommes ???”). 

Je suis un peu d’accord que cette vulgarisation permet de noyer le poisson, puisque personne ne se réfère aux sources originales, et que tout le monde préfère s’appuyer sur trois citations et le compte-rendu d’alliées inconnues. Mais finalement, il me semble que cette capitalisation du féminisme est un succès des féministes des années 60-80 : elles sont parvenus à ce que leurs grands objectifs (la violence masculine contre les femmes, l’égalité salariale, le harcèlement au travail, le viol, les soins gynéco) deviennent des sujets de société. Si on parle de “femmes”, de “viol”, de “harcèlement”, c’est grâce à leur boulot. Il y a d’énormes forces qui travaillent à le dépoliticiser, mais c’est “normal” puisque c’est un travail de femmes. 

Jeudi, 19 juin 2014

amazinggiantsloth, ça rejoint ce que tu disais d’Elizabeth Stoker : j’ai été éduquée à me dire que les gens font de leur mieux et à voir leur contribution avec bienveillance (bon, une bonne dose d’expérience m’a rendue plus méfiante mais pour les personnes où je sens la sincérité, c’est toujours le cas). 

Je suppose que j’arrive que le relativisme marche si on est trop égoïste pour l’appliquer vraiment… 

amazinggiantsloth:

Je crois aussi que tu pars peut-être trop du principe que ces livres sont des tentatives de faire avancer la cause du féminisme, et pas des tentatives de vendre des bouquins. Je vois quand-même de la sincérité chez Valenti

Il y a sans doute de ça, mais je me rends compte qu’il faut beaucoup de solitude pour créer un livre excellent, ou en tout cas qu’il faut pouvoir s’isoler des influences qui nous poussent à toujours nuancer et nous excuser (en ce sens, je suis persuadée que la non-mixité stricte est un bénéfice énorme). 

Après, je n’ose pas croire que Valenti ne soit pas sincère, qu’elle n’ait pas fait de son mieux. Elle est un enfant d’internet, et c’est sans doute ce qui lui coûte autant… Mais il y a des concepts qu’elle peut/aurait pu intégrer sans se mettre personne à dos. Du coup je me dis qu’elle a surtout fait son éducation uniquement auprès de ses pairs internetiens (et de personnes dans la vingtaine) plutôt qu’auprès de grandes penseuses, de philosophes, de gens non-orthodoxes, de professeur.es exigent.es, de femmes âgées. 

Ca fait longtemps que j’ai le sentiment que découvrir le féminisme sur internet en anglais, c’est plonger dans l’obscurité. Pour peu qu’on croit ce qu’on dit, on se fait immédiatement éloigner des meilleures sources, des femmes qui ont accompli le plus de boulot, des idées qui ont le mieux marcher. Feministing a cité une fois (!) Dworkin en quatre ans, et les commentaires la “problématisent”. 

Paradoxalement, les hommes et les milieux médiatiques non-féministes auront plus tendance à la mentionner, puisqu’elle fait partie des tous grands noms et que, pour les américains plus âgés, son nom est familier. 

(Le livre de Monat Chollet, Beauté Fatale, est bon. Moins bon que The Beauty Myth mais beaucoup plus facile à lire et plus actuel. Une femme lambda apprendra 70% de ce qu’il faut retenir de The Beauty Myth en lisant Mona Chollet)

Mercredi, 18 juin 2014

amazinggiantsloth, je trouve la couverture de Full Frontal Feminist d’assez mauvais goût… D’un autre côté, le bouquin lui-même est plein de “N’ayez pas honte de mettre du maquillage ou d’avoir une sexualité active” (plutôt que “n’ayez pas honte de faire des choix ambitieux”), de privilège à toutes les sauces. Elle ne réinvente aucune roue, et puise beaucoup (trop à mon goût) dans des exemples populaires sur la blogosphère. 

Je trouve déroutant lorsque des livres citent des buzz internet pour appuyer leurs arguments. A mon sens, les décisions d’un ministère ont plus d’impact qu’une publicité diffusée dans un pays étranger… Naomi Wolf dans The Beauty Myth, par exemple, s’appuie sur les décisions de justice, puis décortique les grandes tendances dans la publicité et leur évolution : elle parle du vocabulaire, des changements de thèmes, de ses liens avec la science et les lois. Mona Chollet, qui a largement repris The Beauty Myth pour son livre Beauté Fatale, y rajoute de la déculpabilisation personnelle, une grosse critique des journaux féminins… Et tout un tas d’exemples tirés de buzz internet. 

C’est dommage, on dirait qu’il n’existe qu’un rare exemple d’un problème, et non pas un système pervasif aux formes et aux intensités variées qui se révèle dans de nombreux éléments… 

Mardi, 17 juin 2014

Du blog 'Genre!' : répondre à un argument anti-féministe

J’ai quand même le sentiment qu’il n’y a pas de façon “sensible” de dire non. Par exemple : non je ne suis pas d’accord avec ton argument et je refuse de me plier à tes exigences. Ou Non, je n’ai ni à t’écouter, ni à remettre mes idées en questions parce que tu veux que je le fasse, et cela ne fait pas de moi une mauvaise personne ou une coincée. 

S’exprimer de façon claire et directe, sans gros mots ni injures, peut déjà passer pour de la “violence” et résulter en des attaques. C’est assez impressionnant. 

Extraits de Bev Jo et réflexion : harcèlement idéologique

amazinggiantsloth:

Je ne suis pas 100% d’accord avec ta définition de “butch”, d’abord “butch” et “femme” sont des performances de genre qui viennent de la marginalisation des lesbiennes, surtout. 

J’ai repris les termes comme Bev Jo les décrit, en fait. Il me semble quand même que butch et femme ne touchent pas forcément que les jeux de rôle. Il y a ce côté là qui est culturellement construit par-dessus mais, par défaut, il y a des filles et des femmes qui se conforment à la féminité et d’autres non. Internet parle d’un “uniforme butch”, mais plein de femmes en mode flemme portent un combo jeans+tee-shirt+basket qui s’en rapproche beaucoup.  

Avec une définition un peu rapide, tu arrives à faire certains enfants plus ou moins collabo que les autres! 

Je suis tout à fait d’accord avec ça, mais ça limite aussi la possibilité de parler des gens qui résistent explicitement aux injonctions. L’opposé inverse, c’est le “tout le monde résiste au patriarcat et on ne va pas comparer”… 

Il faut souvent transférer les arguments en dehors du genre ou du sexe ou de la sexualité, pour obtenir quelque chose qui fasse du sens.

Oui, c’est d’ailleurs assez dingue, vu le travail fourni par les féministes pour dire que la sexualité et le sexe sont imbriqués avec le reste de la vie et existent sur un spectre. 

Mais je pense que la séparation est simplement due au fait que la société en général met le sexe dans le “privé” et donc que par défaut, les femmes le font aussi. 

Sinon, je pense a priori que le côté naïf d’Elizabeth Stoker est normal : considérer les gens avec bienveillance par défaut est une valeur chrétienne tout à fait classique. Et d’ailleurs saine dans ce débat : au lien de se dire “Ah ! Quelle salope !”, elle se dit “Ah ! Elle n’a pas compris, et s’énerve donc pour une raison fausse, si je parviens à mettre au clair ce qui se passe vraiment, le problème sera résolu”. 

Ce qui me peine un peu avec Twitter, c’est que c’est ultra public mais qu’il ne faudrait traiter ça comme si on discutait de secrets entre nous. Et puis d’après le lien imgur que tu m’avais envoyé, c’est un autre journaliste qui a ajouté le lien, pas elle… Donc je suis confuse. 

 
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